Bon à savoir

Pneus «hiver», le bon réflexe !

Feuilles mortes, pluies battantes, boues spongieuses, neiges épaisses, verglas tenaces, brouillards enveloppants, nuits longues, état souvent déplorable des revêtements routiers, les conducteurs sont rarement épargnés par les affres de l’hiver. Affronter l’hiver avec...

27 OCTOBER 2018 par J.-F.Ch.

Feuilles mortes, pluies battantes, boues spongieuses, neiges épaisses, verglas tenaces, brouillards enveloppants, nuits longues, état souvent déplorable des revêtements routiers, les conducteurs sont rarement épargnés par les affres de l’hiver. Affronter l’hiver avec des pneus adaptés est déjà l’un des bons réflexes en matière de sécurité…

Même si leur montage n’est pas (encore!) obligatoire en Belgique, il est donc plus que temps de fixer un rendez-vous avec votre réparateur agréé ou un spécialiste pour équiper votre voiture de pneus «hiver», en espérant qu’il en ait encore en stock. Diverses enquêtes le démontrent, le nombre d’automobilistes qui font le choix d’adopter des pneus «hiver» augmente chaque année, mais il y en a encore trop qui jugent que ce n’est pas nécessaire.
De nombreux utilisateurs considèrent en effet que l’achat d’un pneu «hiver» est coûteux, que par rapport au pneu «été», que le pneu «hiver» est inconfortable et bruyant, qu’on ne peut pas rouler vite, qu’il consomme davantage, qu’il a une moins bonne tenue de route, que c’est ennuyeux de devoir procéder au montage/démontage et au stockage des pneus non utilisés ou encore qu’il n’y a plus de véritable hiver en Belgique.
Une voiture équipée de pneus «hiver» est pourtant plus sûre puisque ce type de pneus a été développé pour un usage dans des circonstances hivernales. Les réparateurs agréés et les spécialistes du secteur se feront d’ailleurs un plaisir de vous informer et de vous conseiller des pneus «hiver» spécialement adaptés à votre voiture.

De 6 à 31 mètres de moins !
Les principaux avantages des pneus «hiver» sont l’amélioration de la tenue de route tant sur revêtement sec que mouillé, une meilleure adhérence sur la neige et le verglas et une mobilité accrue. De nombreux utilisateurs pensent pourtant que les pneus «hiver» ne sont utiles que par temps de neige ou de verglas.
Rien n’est moins vrai. Le caoutchouc d’un pneu «été» durcit à cause du froid et perd en adhérence. Le caoutchouc du pneu «hiver» par contre est parfaitement adapté aux basses températures et conserve toute sa souplesse et en conséquence son adhérence. Même lorsque la température chute jusqu’à -40°C, grâce à la composition particulière du mélange de caoutchoucs.
Le pneu «hiver» n’est pas un pneu neige, comme utilisé dans les pays où il neige beaucoup, mais un pneu dont les performances, lorsque la température tombe sous 7°C (dans nos régions en moyenne entre octobre et mars), sont en tous points supérieures à celles d’un pneu «été». En effet, à 80 km/h, lorsque la température du sol est inférieure à 7°C, une voiture équipée de pneus «hiver» a besoin d’une distance de 34 mètres pour s’arrêter, soit 6 mètres de moins qu’une voiture chaussée de pneus «été». Sur la neige, la différence en cas de freinage d’urgence à 50 km/h est de 31 mètres (63 contre 32 m).

Quatre pneus identiques
Tous les pneus «hiver» modernes partagent une caractéristique commune : de nombreuses encoches dans les pains de gomme de la bande de roulement. Ces lamelles offrent un nombre important de points d’ancrage et améliorent l’accélération et le freinage dans des circonstances hivernales. Pour des performances optimales, il est vivement conseillé de monter quatre pneus «hiver» identiques sur un véhicule. Équiper sa voiture de seulement deux pneus «hiver» peut créer de l’instabilité sur une surface humide ou recouverte de neige, particulièrement dans les virages ou en freinage, ce qui déclenche des problèmes de sous virage et/ou de survirage.
À l’heure actuelle, la différence de prix entre un pneu «été» et un pneu «hiver» est quasi nulle, contrairement à voici dix ans, lorsqu’un pneu «hiver» était encore en moyenne 20% plus onéreux. En choisissant un pneu «hiver» à l’indice de vitesse moins élevé, il est même possible de réaliser une économie. On peut en outre parfaitement acheter des pneus «hiver» pré montés sur un jeu de jantes supplémentaires. Un petit investissement qui est amorti en 2 ans. Il est bon de savoir qu’actuellement, un jeu de jantes en alu est souvent moins cher qu’un jeu de jantes en tôle peu esthétiques.

Au bon moment
En général, on utilise des pneus «hiver» entre fin octobre et début avril. Pour rappel, pendant cette période (du 1-10 au 30-04), la loi autorise l’utilisation de pneus «hiver» ayant un code de vitesse inférieur aux pneus d’origine à condition d’apposer visiblement sur le tableau de bord un autocollant indiquant la vitesse maximale du pneu, mais pas inférieur à Q conformément à la directive 92/93 de la Communauté européenne. Les indices de vitesse sont Q (= 160 km/h), S (= 180 km/h), T (= 190 km/h) et H (= 210 km/h).
Les pneus «hiver», aussi appelés pneus neige, pneus thermiques, ou pneus lamellaires, peuvent être reconnus par le marquage M+S (ou «MS», «M/S», «M-S», «M&S») sur le flanc du pneu. Ils peuvent aussi porter d’autres symboles qui se rapportent à la saison hivernale, comme trois montagnes stylisées, des flocons de neige ou d’autres éléments similaires, mais selon la loi, ils ne sont pas obligatoires: ce sont des symboles supplémentaires que le fabricant de pneus a décidé d’utiliser pour montrer que le pneu comporte certaines caractéristiques de performance pour les surfaces recouvertes de neige.

À la bonne pression
Le contrôle de la pression a une influence considérable sur les pneus qui, si elle est incorrecte, peut modifier le comportement du véhicule et provoquer une usure irrégulière, une rotation bruyante, une réduction considérable des mouvements réguliers et une plus grande consommation de carburant. Les pressions correctes sont établies par le constructeur du véhicule et se trouvent dans la brochure du véhicule comportant les instructions et les conseils pour l’entretien.
En l’absence d’indications précises, la pression à adopter doit être la même que celle des pneus «été» et, dans le cas d’une très grande utilisation sur autoroutes, la pression doit être augmentée d’un maximum de 0.2 ou 0.3 bar. Il faut se rappeler que la pression d’un pneu doit toujours être mesurée lorsque le véhicule est froid et, de préférence, une fois par mois. Contrôlez les variations de pression par rapport à la température de l’environnement (une pression de 2.0 bars mesurée à +20°C va baisser à 1.74 bars à -5°C, et à 1.59 bars lorsque la température descend à -20°C).
La profondeur du profil de la bande de roulement est également cruciale. Même si la loi belge oblige les automobilistes à remplacer un pneu à partir d’une profondeur de 1,6 mm, il vaut mieux remplacer des pneus «hiver» utilisés dans des conditions hivernales extrêmes à partir de 4 mm (certains pays exigent même 6 mm).

Gare aux pneus «périmés»
S’il n’est jamais trop tard d’équiper sa voiture de pneus «hiver», il aurait été plus sage de s’y prendre plus tôt, car les stocks des marchands sont pratiquement tous épuisés. Il faut en tout cas être très prudent si l’un d’entre eux vous jure sur la tête de tout ce qu’il a de plus cher qu’il peut vous dépanner sans la moindre difficulté : il pourrait s’agir de vieux pneus neufs ! Tous les pneumaticiens reconnaissent que le caoutchouc perd progressivement ses propriétés après environ six années, surtout si le pneu neuf, donc jamais utilisé, est resté très longtemps au fin fond d’un entrepôt.
Cette constatation est valable pour tous les pneus, «été» ou «hiver» ou «neige», et l’on peut donc acheter, en toute bonne foi, un produit de qualité et de marque sans s’imaginer qu’il est déjà trop vieux pour offrir encore l’efficacité et la sécurité recherchée. Il est très facile de vérifier la date de fabrication d’un pneu : elle est obligatoirement inscrite sur le bord du flanc, dans un petit cercle de forme ovale. On y trouvera, aux côtés de toute une série d’autres indications, 4 chiffres qui indiquent la semaine (pour les deux premiers) et l’année (les deux derniers) de fabrication.
Si vous lisez «5010», cela veut dire que ce pneu a été fabriqué la cinquantième semaine de l’année 2010: il a donc tout juste six ans et c’est donc déjà un vieux pneu neuf… Comme l’amortissement d’un pneu «hiver» se calcule sur au moins trois années, il faut privilégier les pneus fabriqués au plus tard au cours de l’année 2015, en été (soit avec la mention, par exemple, «2915»). Selon les normes actuelles en vigueur, les pneus «hiver» doivent par ailleurs porter la marque européenne d’approbation sur le côté, qui est un «E» majuscule dans un cercle, ou un petit «e» au centre d’un rectangle.

Bref, il est plus que temps de prendre contact avec qui de droit pour prendre les bonnes dispositions afin d’affronter l’hiver du bon pneu. Et dites-vous par ailleurs que, grâce aux pneus «hiver», les pneus «été» durent plus longtemps parce qu’ils sont utilisés moitié moins. En outre, entreposer des pneus ne pose plus de problème de nos jours. Les réparateurs agréés et les spécialistes peuvent en effet stocker vos pneus «été» durant l’hiver selon les règles de l’art. Et vos pneus «hiver» durant l’été! Cette formule assure une plus grande sécurité car les pneus sont vérifiés par un homme de métier qui peut, le cas échéant, attirer l’attention sur des défauts. Bonne route cet hiver et, d’ores et déjà, joyeuses fêtes de fin d’année…

Obligatoires ou pas ?
Les pneus «hiver» M+S sont obligatoires en Allemagne, Autriche, Bosnie-Herzégovine, Estonie, Finlande, Grand Duché de Luxembourg, Italie du Nord (Val d’Aoste et Tyrol), Islande, Tchéquie, Lettonie, Lituanie, Monténégro, Serbie, Slovénie, Slovaquie, Suède et Roumanie. Circuler dans ces pays avec des pneus non appropriés vous rendra passible d’une amende variable selon les circonstances (absence de pneus adaptés, perturbation ou paralysie du trafic, implication dans un accident), voire à une interdiction de poursuivre votre route.
L’équipement hiver est requis dans des conditions hivernales (glace, neige, verglas ou gel) et/ou sur certaines routes en Croatie, Norvège, Suisse, Moldavie et Biélorussie. En France, en Espagne et en Italie, l’obligation est de mise en présence de panneaux de signalisation spécifiques. En cas d’accidents, une part des dégâts peuvent être attribués au conducteur, même en droit. Dans ces cas-là, heureusement que vous avez une assurance responsabilité civile !
Dans le reste de l’Europe, les pneus hiver ne sont pas obligatoires. Dans les pays comme la Belgique et les Pays-Bas, il est cependant fortement recommandé de monter les pneus «hiver» d’octobre à Pâques, lorsque la température moyenne est inférieure à 7° C.
En ce qui concerne les chaînes, les pneus cloutés, les chaussettes à neige, les dates d’obligation, la profondeur minimale imposée, il est impératif de se renseigner sur la législation des pays où vous vous rendrez (source : pneus Continental).

Etienne Visart

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